jeudi 9 avril 2026

Se souvenir du blanc … Mémoires de glaces !

 

États des glaces : 12 œuvres en hommage aux glaciers. 

Le tirage cyanotype devient mon mode d’édition, dans cette série.

Ce travail a été initié en 2016. J’ai commencé à cartographier le Fjord

Sermilik, avec le projet de faire une fresque de 2,40 m par 4,80 m, celle-ci bien

évidemment fait toujours partie du projet. Ce dessin de cartographie a été une














révélation pour moi, ce travail de dessin au Rotring, sur transparent, à partir

des courbes de niveau d’un site défini, est un véritable voyage à la main dans

le relief du paysage parcouru, j’ai observé les cartes, des dizaines de photos et

fait des kilomêtres de traits pour explorer les territoires, une vraie randonnée,

dans Sermilik que j’aime tant.

Alertée par le contexte climatique, je me suis intéressée au sort des glaciers, et

en observant les cartes diverses du Fjord Sermilik, j’ai constaté qu’en quelques

années, les glaciers du Fjord avaient déjà beaucoup reculé. La carte touristique

de Angmassalik a été mise à jour, et en 15 ans le recul est impressionant.



Intriguée, j’ai observé d’autres sites, écouté de nombreuses émissions et je me

suis décidée à faire un focus sur l’état des glaciers, afin de croiser leur histoire

avec celles des hommes qui les parcourent, les photographient et les étudient.

Je veux aussi témoigner pour mes petits-enfants, qui se sont pris de passion

pour les glaces, à travers mes voyages et récits. 


samedi 15 novembre 2025

 Ce sera un très beau souvenir … 

Le festival Nature Nomade de 2025 … un bel espace pour l’expositions Se souvenir du blanc … Mémoires des glaces ! 



mercredi 2 octobre 2024

                                                 Se souvenir du blanc … Mémoires de glaces ! 

Les encadrés, épreuves d’artiste ! Sont disponibles pour exposition … 
10 exemplaires de chaque dessin sont à vendre, n’hésitez pas à demander … 













samedi 22 avril 2023

Dans le silence de l'atelier … 

Dans le silence de l'atelier … 

Le projet État des glaces implique que je me retrouve durant de nombreuses heures à dessiner des courbes de niveau. Chaque glacier a été choisi pour sa composition en glace, particulièrement pour son évolution plus ou moins rapide, bref son histoire.

Lorsque je choisis les cadrages, les échelles je passe de nombreuses heures à survoler les territoires choisis sur toutes sortes de cartes : goggles maps, sur garmin, qui est très précis en terme de courbes, et sur des cartes anciennes, récentes, toutes sortes de photos, les types d'enneigement … et merci aux amis qui me prêtent de belles cartes anciennes ayant déjà vécu… Un point important pour déterminer l'échelle, il faut que je puisse dessiner sans trop de difficultés les courbes de niveau, ni trop serrées, ni trop lâches. Ensuite … quelques dizaines de captures d'écrans, ré-assemblées sur photoshop. Je définis le cadrage définitif sur in design, avec comme objectif de mettre en avant le glacier, tout en offrant une composition graphique générale intéressante et séduisante du territoire environnant … 


 

Le temps du dessin ce sont des heures à guider le rotring dans chaque trait … des arrêts fréquents pour soulager ma main droite et éviter la tendinite du pouce … Les yeux sont explosés, trop de détails … des pauses sous forme d' immersion dans l'histoire du territoire, dans les photos, livres … 

Je dois aussi trouver, la, les photos qui vont participer à l'histoire du territoire … je ne vais pas prendre l'avion et glaner moi-même ces photos, c'est pour cela que je propose aux chanceux voyageurs, aventuriers, habitants … de me céder une ou deux photos que j'utiliserai dans le dessin en échange d'un tirage de l'oeuvre … un très beau tirage cyanotype d'une dimension de 48/60 cm, sur un beau papier aquarelle de 300 gr.

Voilà le deal proposé … alors si vous avez visité un lieu improbable avec un beau glacier faites moi signe …

Quelques vues en cours de travail … 

 Projet État des glaces ...

"Depuis 2011 je travaille sur ces territoires gelés, j’en étudie les paysages, la topographie, la vie. Deux autres longs séjours au Groenland (2015, 2019) m’ont permis d’appréhender le changement qui s’opère dans ces régions. Passionnée, envoutée par le Sermilik  je le traverse de courbe en courbe, j’en étudie toutes les formes, les côtes … orientant mon travail vers la réalisation d’une représentation sur 4 panneaux de 1,20 m de large … (2024).




Mes recherches et différentes maquettes m’ont amenée à réaliser une cartographie du territoire de Sermilik que j’ai choisi de tirer en cyanotype, cette bichromie de blanc et bleu étant parfaitement en harmonie avec le Groenland et le phénomène de fonte du blanc de la glace au bleu de l’eau.


Je ne vais pas faire la cartographie avant/après de tous les glaciers disparus, ce n’est pas mon propos, je ne suis pas géographe, ni glaciologue, mais je veux mettre en scène les sites concernés, les mettre en avant d’une certaine manière, et puis alerter sur le devenir de ceux qui sont encore la … comme des HOMMAGES …


J’ai identifié une vingtaine de sites dans le monde, ci-dessous la liste de quelques noms de glaciers et sites concernés :

Le Glacier Daugaard-Jensen : un équilibre précaire (Scoresbie, Groenland)

Le glacier Helheim : un vélage gigantesque (Fjord Sermilik, Groenland)

Le glacier Okjökull : un glacier célébré (Islande)

Le glacier Schneeferner : un glacier déclassé (Autriche)

Le glacier de Planpincieux : un danger imminent (Courmayeur Italie)

Le glacier de Khumbu (Pumori) : un glacier encombré (Népal)

Le glacier Arriel : un glacier disparu (France - Pyrénées)

Le glacier d’Argentière : un glacier condamné (France - Alpes)

La calotte Cook : un glacier en retrait (Ile Kerguelen – France)

Le glacier Pizol : une fonte vertigineuse (Suisse)

La mer de glace : un glacier de plus en plus profond (France – Alpes)

Le glacier Marmolada : un effondrement soudain (Italie)

Le glacier Lecomte : un glacier stabilisé (Alaska)

Le glacier Kronebreen : une vitesse vertigineuse (Spitzberg)

Le glacier Fedchenko : « le glacier oublié » (Tadjikistan Pamir)

Le glacier Potanine : Mongolie

La chaîne de montagnes Karakoram (Pakistan)

Le passage du Nord ouest (Nunavut, Gorenland)

La calotte glaciaire pôle nord

Si la fonte des glaciers et des calottes glaciaires a un impact sur la morphologie de ces territoires, la fonte des glaces arctiques a elle un impact sur les voies maritimes de l’Arctique, on note le passage du Nord Ouest et bien sur au pôle nord le nouveau passage à venir : Une nouvelle route de la soie

 

La calotte glaciaire Vavilov : Russie

La Nouvelle Zemble : de nouveaux territoires (nouvelles îles russes)

Si la fonte des glaciers et des calottes glaciaires a un impact sur la morphologie de ces territoires, la fonte des glaces arctiques a elle un impact sur les voies maritimes, on note le passage du Nord Ouest, entre le Nunavut et le Groenland et bien sur au pôle nord la nouveau voie à venir : Une nouvelle route de la soie.


Depuis le début de ces réflexions j’ai créé quelques oeuvres tirages cyanotypes, basés sur la notion de cartes, et je souhaite continuer ce travail sur les différents continents concernés, environ une douzaine de cartes.

Sermilik : Le temps des courbes carte de 2015 - 2020 - 

Sermilk : Les courbes de Sermilik de l’Inlandsis à Kulusuk - 2022 -

Chamonix : Les bandes de Forbes de la mer de glace carte de 1790 - 2023 -

Scoresby : carte de 1966 - en cours  - 2023 -

Pizol : carte de 1970 - en cours - 2023


Je propose de constituer un ensemble d’hommages, d’alertes pour une quinzaine de glaciers dans le monde … 














jeudi 23 décembre 2021

 Ce mois de décembre 2021 … 

Après un an de travail dans ce nouvel atelier qui fait mon bonheur, les oeuvres se sont accumulées, petit ou grand format, il y en a tant qu'il va bien falloir s'en séparer, pour la plupart elles sont le fruit de réflexions, de recherches intenses toujours dans le but ultime de me trouver, moi … 

Ces petits dessins sont issus des travaux préparés pour l'exposition Miniprints de Cadaqués 2021. 
4 ont été sélectionnés pour partir 9 mois à la rencontre d'un public nouveau :
Taller Galeria Fort à Cadaqués (Espagne)
- Wingfield Barns à Wingfiled (UK)
- Fundació Tharrats d’Obra Gràfica à Pineda del Mar (Espagne)
- L’Etangd’Art à Bages (France)

C'est toujours un plaisir de participer à cette manifestation très autonome, qui organise à chaque fois plusieurs expositions, mais c'est aussi une réelle frustration de ne pas rencontrer les visiteurs … 

L'atelier me permet de recevoir des visiteurs, de passer de long moments à échanger autour de mon travail, du Groenland et souvent aussi de nos pratiques artistiques, car je reconnais que ce sont souvent des artistes qui viennent ici. 

J'ai tenté d'ouvrir l'atelier Rouge Banquise le plus possible en décembre, les weeks-end et quelques soirées, chose aisée, car je peux continuer à travailler quand c'est ouvert … occupation très agréable dans les creux de visites … souvenir de ce mois de décembre … et désormais prête à entamer une nouvelle année de recherches.






mardi 11 mai 2021

Ce cher Tobias, dernier chasseur …

Comment dire l'émotion qui m'étreint à regarder ce film, retrouver les amis groenlandais, ce cher Tobias, le beau Julius, les enfants, les paysages, Sermilik, Tasilaq … les bateaux sur le fjord … à chaque fois je suis émerveillée … le chant de leur langage me touche … je conseille ce film.


https://youtu.be/BCcavZmNKNg


https://youtu.be/BCcavZmNKNg









dimanche 17 janvier 2021

Du photogramme au cyanotype, une vie de clichés en pointillé.

 
Quand on grandit à Chalon-sur-Saône, on ne peut pas passer à côté de son histoire avec la photographie. En arrivant du sud, en train, à St Loup de Varennes, le monument annonce déjà la couleur : ici, la ville de la photographie … 

En arrivant par le Nord, autrefois, l'usine Kodack était un signal, malheureusement disparu depuis 2008, démolition que j'ai suivie en direct, depuis Nantes.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/chalon-sur-saone/chalon-saone-que-reste-t-il-du-patrimoine-usine-kodak-1869842.html

Notre père avait l'habitude d'aller régulièrement à la "décharge" avec son camion vider les déchets de son atelier, jour redouté par notre mère, mais adoré par nous, parce qu'à cette époque, on avait le droit de récupérer … et notre père remplissait son camion du retour… et même parfois nous pouvions l'accompagner pour fouiller nous-mêmes dans tous les trésors, je me souviens d'un trésor incroyable, l'album d'un imprimeur avec tous les échantillons de tirages, d'agrafes, d'attaches parisiennes, de trombones, de papiers, soigneusement cousus et étiquetés sur les pages en carton … aux légendes manuscrites à la plume. Mais je m'éloigne du sujet, ce que nous attendions avec impatience ce sont les immenses rouleaux de papier photo, ils avaient pris la lumière sur les côtés et n'étaient plus conformes à l'emballage … Nous faisions rouler ses immenses blocs de papier jusqu'à la maison … et là, la magie du papier photo émulsionné commençait. 

Nous posions nos mains, des ciseaux des trombones, des fleurs … fabriquions des compositions et sur chaque nouveau morceau déroulé observions la magie des formes qui s'inscrivaient sur le papier exposé à la lumière. Nos premiers photogrammes … Bien sur tout cela était éphémère … car la lumière continuait d'agir …

Quelques années plus tard, les années lycée, nous avions l'habitude avec quelques amis, de nous retrouver le soir au musée Nicéphore Niepce, nous trainions dans les livres, dans les photos, les plaques de verre imprimées, dans les affiches … s'était étonnant, clandestin, palpitant … mais ces soirées de découvertes sont gravées dans ma mémoire et déjà les images bleues ont commencé de me hanter. 

Le dernier petit lien avec la photographie chalonnaise, c'est le job d'été effectué chez Kodack, et oui, à l'emballage de ces fameux rouleaux de papier qu'une machine débitait en feuilles, rangeait dans les boites tandis que moi je notai les références de chaque boite dans le noir le plus total, car oui, chez Kodack, on travaillait dans le noir …

Je ne suis pourtant pas devenue photographe, mais l'image, elle, m'a toujours intéressée.

Ma fascination de la neige, du blanc, des traces, des moutonnements balayés par les vents est certainement le fruit de mes séjours d'enfance au Manon, dans le Jura où nous avons vécu de sacrés moments dans la vieille ferme que nos parents et leurs amis louaient. Deux grands dortoirs sans chauffage, une grande salle à manger et une cuisine avec un poêle qui crachait tout ce qu'il pouvait de fumée acre quand nous arrivions dans la nuit après l'école du samedi. Le wc était dans la cave, à côté d'une moto qui nous a emmenés traverser tous les continents sur ses cales en brique. Nous étions jamais moins de 15 dans cette ferme, et je me souviens de la grande piste de bob en tunnel, construite au départ de la fenêtre du dortoir, nos bottes pleines de neige sur les matelas et duvets, en attendant notre tour pour descendre dans ce tunnel très sombre … 

Sculpter  et dessiner le blanc était mon rêve, un désir resté enfoui de nombreuses années, largement compensé par mon métier d'architecte, tant que celui-ci faisait appel au dessin et ses outils traditionnels … et ses fameux tirages de plans en bleu et blanc … 

À Nantes, loin de la montagne, de la neige, du vrai froid j'ai commencé à fantasmer ces lieux d'enfance, et l'idée de m'offrir un séjour blanc a petit à petit germé… 

Seule, les enfants devenus autonomes, j'ai décidé de réaliser mes rêves. L'Islande, bien sur était spontanément le premier choix … il suffit de plonger son regard dans cette toile de 1996, intitulée : Rêve d'Islande … mais …

J'ai rapidement mis de côté l'Islande, me disant que j'avais bien toute la vie pour y aller, surtout quand je me suis aperçu que le Groënland m'était devenu accessible. Ce pays me renvoyait aux rêves d'enfance, à la découverte des récits de PEV, aux paysages blancs à perte de vue. La banquise, les glaciers … un univers très attirant pour réaliser mon projet et rester un certain temps. la décision prise, j'ai préparé ce voyage … tout en réfléchissant à mon projet artistique … 

Après le premier voyage, un trek à Angmassalik, je suis revenue avec assez de matières pour commencer de peindre, les Horizons et Instantanés.


Au fur et à mesure de mon travail sur le Groenland, je me suis laissée embarquée par le rouge, je ne saisi pas encore comment (quoique… ), mais le fait est là et il me plaît. Le vivant en rouge, la chaleur qui réchauffe la glace, le sang de la chasse qui se mêle au fond de la toile, symbole de la vie … 


La peinture et la photographie se sont toujours entrecroisées, sujet, modèle, support de réflexion, voire même d'abstraction … et comme dans le travail de l'architecte, le dessin au trait reste assez présent, avec toujours cette volonté de construire le volume avec le minimum d'artifices : le trait et le monochrome … une superposition des techniques sur un même support. Pour ceux qui ont visité l'exposition Rouge Banquise en 2015, ils ont pu découvrir comment chaque choix de technique sert le sujet … 


En continuant ce travail, ces recherches je me laisse envahir par le bleu et le blanc, c
es couleurs qui m'ont motivée au départ, et mes peintures actuelles, mes linogravures, mes cyanotypes prennent naturellement leur place dans cette suite logique quasi inscrite dans mon ADN.












vendredi 5 juin 2020




                                                           https://youtu.be/kfhMNS6Vdm4